Les maladies gastro – intestinales et le cru

Les maladies gastro – intestinales et le cru

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L’ESTOMAC

 

Anatomie et rôle de l’estomac

L’estomac est un organe en forme de sac aux parois épaisses qui stocke les aliments pour être mélangés aux sucs gastriques. Il reçoit les aliments depuis la gueule de votre animal après avoir glissé de long de l’œsophage grâce à des mouvements musculaires appelés mouvements péristaltiques. Lorsque les aliments arrivent dans l’estomac (bol alimentaire), le sphincter œsophagien inférieur (sorte de clapet) se ferme pour empêcher le reflux du contenu de l’estomac. La paroi interne de l’estomac est faite de grands plis qui permettent à l’estomac de se dilater considérablement. Elle est également tapissée de cellules et de glandes qui produisent quatre substances différentes importantes pour la digestion ou le fonctionnement normal de l’estomac :
– Le mucus : riche en bicarbonate  qui enrobe, lubrifie et protège la paroi de l’estomac. Lorsque ce mucus n’est pas produit en quantité suffisante ou lorsque son rythme de production est ralenti, cela peut occasionner un ulcère
– L’acide : certaines cellules (les cellules pariétales) sécrètent de l’acide chlorhydrique, qui est responsable de la création d’un environnement extrêmement acide. Les cellules principales fabriquent le pepsinogène que l’acide chlorhydrique aide à convertir en pepsine. Il désactive également les bactéries et / ou parasites qui ont pu être ingérés
– Les protéases (ou peptidases) : ce sont des enzymes responsables de la dégradation des protéines. La pepsine est une protéase
– Les hormones : la principale hormone produite par les cellules de l’estomac est la gastrine, qui contrôle la sécrétion d’acide et les contractions gastriques. La production de gastrine chez un carnivore est étroitement liée à son régime alimentaire (cf article sur l’alimentation mixte)

Après avoir été mélangé aux sucs digestifs, le bol alimentaire partiellement digéré prend une texture crémeuse et grumeleuse appelée chyme.

 

 

 

Les maladies de l’estomac

La gastrite
C’est une inflammation de la muqueuse gastrique

  • Les causes : alimentation industrielle, ingestion d’aliments inappropriés, réaction médicamenteuse, maladies métaboliques, infections, parasitisme
  • Les symptômes : vomissements chroniques

 

L’alimentation

Si vous nourrissez votre animal avec une alimentation industrielle, en plus des éventuels traitements qu’aura prescrit votre  vétérinaire, passer à une alimentation crue renforcera son système digestif  en lui fournissant un bon équilibre d’enzymes actives naturellement présentes dans les aliments crus. Ainsi vous favoriserez une digestion optimale.

Si votre animal est déjà au cru, Il est important de connaitre la cause de la gastrite. Votre vétérinaire vous proposera peut être de faire jeûner votre animal pendant 24 à 48 h si la gastrite est causée par une ingestion d’une trop grosse quantité de nourriture ou d’aliments inappropriés. Offrez lui de l’eau en petite quantité régulièrement au cours de la journée de jeûne. Après le jeûne, réintroduisez d’abord la viande (dégraissée pour la viande rouge) pendant 2 à 3 jours, en plusieurs petits repas, puis la panse verte les 2 à 3 jours suivant si vous avez l’habitude d’en donner et enfin les os charnus si les vomissements ont cessé. N’hésitez pas à rajouter des probiotiques à destination des carnivores. Si les vomissements persistent, consultez votre vétérinaire à nouveau.

Une gastrite peut provoquer un ulcère. Si votre praticien vous prescrit un traitement anti acide, il est impératif que vous lui disiez que votre animal est au cru car les médicaments joue sur le ph gastrique

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LES INTESTINS

 

Anatomie et rôle des intestins

  • L’intestin grêle : il se compose du duodénum, suivi du jéjunum et de l’iléon.  Il poursuit la digestion préalablement débuté dans l’estomac grâce au suc intestinal et il procède à l’absorption des nutriments tout en excluant les antigènes et les microbes et en éliminant les déchets fécaux (source)
  • Le côlon (gros intestin) : il se situe entre le cæcum qui en est la première partie (celle qui relie le colon à l’intestin grêle) et le rectum qui est sa partie terminale. Il se compose de 3 segments : le côlon ascendant, le côlon transverse, le côlon descendant.  Il remplit deux fonctions : l’absorption de l’eau et des nutriments et le contrôle de la défécation. Le gros intestin remplit ces fonctions en régulant le transport des liquides, la fermentation bactérienne, la motilité, la surveillance immunitaire et la circulation sanguine. L’absorption du sodium et de l’eau sert à déshydrater les selles avant la défécation ; les glycoprotéines du mucus servent à piéger les bactéries pathogènes et à prévenir la translocation bactérienne. Les cellules épithéliales, les lymphocytes, le plasma, les macrophages et les cellules dendritiques servent à réguler la flore bactérienne et la réponse immunitaire aux microbes. La motilité sert à faciliter le stockage ou la défécation des matières fécales. Des perturbations dans l’une ou l’autre de ces fonctions peuvent entraîner des problèmes de diarrhée, de constipation ou de syndrome de réponse inflammatoire systémique. (source)
    Le furet ne possède pas de cæcum

 

 

Les maladies des intestins

Les pathologies du tube digestif, sont nombreuses et certaines peuvent être la conséquence d’autres. Par exemple, le syndrome du colon irritable peur évoluer en maladie inflammatoire chronique des intestins. De même le syndrome de prolifération bactérienne peut occasionner une malabsorption / malassimilation
De nombreux sites français ou étrangers abordent le sujet du  syndrome d’hyper(per)méabilité intestinale, qui ne doit pas être confondu avec la perméabilité intestinale et son altération.

La perméabilité est la propriété de l’intestin qui permet les échanges entre sa lumière et le milieu intérieur. Elle s’opposerait donc à la barrière, mais dans l’intestin ni l’une ni l’autre n’est absolue. La perméabilité paracellulaire (qui correspond au passage entre les cellules) est strictement régulée en conditions physiologiques. Elle diminue de l’intestin grêle au côlon. Le contrôle de la perméabilité paracellulaire passive est indispensable pour que les fonctions de transport actif transcellulaire de l’épithélium intestinal s’exercent correctement.
[…] Une augmentation de la perméabilité intestinale paracellulaire et/ou transcellulaire, permettant le passage à travers l’épithélium de macromolécules (antigènes alimentaires, fragments bactériens), est impliquée dans plusieurs pathologies intestinales (ulcères gastro-duodénaux, diarrhées infectieuses, syndrome de l’intestin irritable, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, maladie cœliaque, cancers digestifs) et potentiellement extra-intestinales (allergies, infections respiratoires, arthrite, choc septique, etc.)

En faisant mes recherches j’ai été intriguée de lire ceci dans Wikipédia.

Attention :
Cette pathologie est hypothétique et n’est pas reconnue par la communauté médicale. La version anglaise de cette page donne tous les éléments pour cerner les dérives mercantiles liées à ce diagnostic (vente de compléments alimentaires, de livres de régime, etc.)

Sachant que ce site propose parfois des informations incomplètes voir erronées, j’ai souhaité en découvrir d’avantage et j’ai été dirigé vers cet article

 

Ce que je retiens et qui fait appel au bons sens est la phrase de conclusion :

Bien que certains praticiens puissent recommander des produits naturels pour complémenter le régime de traitement prescrit par votre médecin, il est de toute première importance de laisser le processus du diagnostic à des médecins ayant une formation en médecine, laquelle est appuyée par les meilleures recherches scientifiques et expériences cliniques.

Et cela vaut pour votre animal.

 

 

Le syndrome de prolifération bactérienne

C’est une affection dans laquelle une diminution des mouvements du contenu intestinal (iléus) permet à certaines bactéries intestinales normales de proliférer. Ce trouble se soigne généralement pas antibiotiques

  • Les causes : problèmes neurologiques, obstruction gastro-intestinale, IPE, parasitisme, prédisposition raciale
  • Les symptômes : diarrhée chronique et intermittente, gaz, borborygmes, augmentation du volume des selles mais pas de la fréquence, perte de poids

Votre praticien vous proposera sans doute de pratiquer un dosage de la vitamine B12 et des folates

L’alimentation

Des viandes dégraissées et os charnus sans peau (notamment pour la volaille) pour minimiser les diarrhées
Une supplémentation en vitamine B12 à discuter avec votre vétérinaire, car les bactéries qui s’accumulent dans l’intestin grêle l’absorbent facilement
Des probiotiques à destination des carnivores

Il est courant de lire qu’une supplémentation en prébiotiques tels que les fructo-oligosaccharides (FOS) est un moyen de modifier le nombre de bactéries dans l’intestin grêle. Cela a été remarqué chez les bergers allemands présentant une prolifération bactérienne naturelle asymptomatique. Cependant en 2002, un représentant de la société Mars au congrés de la WSAVA, exprimait ses réserves sur leur efficacité

However, since these compounds are more likely to affect the large rather than the small intestine, further studies in clinical cases are required to assess the efficacy of prebiotics in the management of canine SIBO.
Traduction : Toutefois, comme ces composés sont plus susceptibles d’affecter le gros intestin que l’intestin grêle, des études cliniques supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’efficacité des prébiotiques dans la prise en charge du SPB canin.

 

 

 

Le syndrome de malassimilation

La malassimilation (ou malabsorption ou maldigestion) est une assimilation insuffisante des substances alimentaires due à des anomalies de la digestion, de l’absorption ou du transport des nutriments. (Source).

  • Les causes : IPE, MICI, syndrome de prolifération bactérienne
  • Les symptômes : diarrhée, selles grasses et décolorées, amaigrissement malgré un appétit augmenté, une altération du pelage, fonte musculaire

L’alimentation

Une variété de viande limitée dans un premier temps si vous soupçonnez une sensibilité alimentaire (1 viande blanche + 1 viande rouge)
Des viandes blanches
Des os charnus de volaille sans peau
Les morceaux les plus maigres des viandes rouges

 

 

 

Le syndrome du colon irritable

C’est une inflammation intermittente de la paroi intestinale dont les origines sont psychosomatiques

  • Les causes : stress et anxiété.
  • Les symptômes : mucus dans les selles, diarrhées, constipation, douleurs abdominales, vomissements

L’alimentation

Pour maintenir le bon fonctionnement du système digestif, stabiliser le transit et rétablir la flore intestinale, une alimentation naturelle est recommandé.
En pratique :
Une alimentation crue agrémentée de proies entières avec plumes ou poils ou des morceaux avec poils tel que oreilles de lapin ou de vache / bœuf pour faciliter le transit
Des probiotiques à destination des carnivores pour rétablir la flore intestinale
Du bouillon d’os riche en glucosamine

 

 

 

Les MICI

Ce sont un groupe d’affections résultant d’un état inflammatoire et d’une infiltration de la paroi intestinale par des cellules inflammatoires. La paroi du tractus gastro-intestinal peut s’épaissir, l’absorption des nutriments peut être compromise et la vitesse de passage des aliments et des déchets peut être modifiée.

  • Les causes : en réalité elles sont mal connues. Elles peuvent être d’origine psychique, alimentaire, immunitaire, infection parasitaire, tumeur
  • Les symptômes : baisse d’appétit, vomissements fréquents et avec boules de poils pour les chats, diarrhées, amaigrissement, altération du poil.

Pour poser le diagnostic, votre praticien vous proposera des examens tels que : biopsie par endoscopie ou voie chirurgicale, dosage sanguin pour évaluer les phénomène de malassimilation, une échographie pour mesurer l’épaisseur de la paroi intestinale

L’alimentation

Si une intolérance alimentaire est suspectée, il conviendra alors de débuter un régime d’exclusion composé d’une source unique de protéine nouvelle. En effet dans les cas de MICI n’importe quel aliment que votre animal a pour habitude de manger peut déclencher une intolérance de façon soudaine. Il est donc important que votre animal n’ait aucun à côté (friandise, reste de table) qui pourrait interférer dans ce régime d’éviction.
Il sera également important de congeler les viandes et os charnus pour éliminer les éventuels parasites et de respecter la chaîne du froid.

Le Dr Lyn Thomson, vétérinaire déclare :

Les allégations commerciales, identifient les protéines comme le principal coupable des intolérances alimentaires et ciblent spécifiquement les protéines animales intactes. Les régimes à base de protéines hydrolysées sont à la mode, la protéine hydrolysée étant suffisamment petite pour ne pas déclencher une réponse immunitaire. Nous devons reconnaître que le problème réside dans l’intégrité de la paroi intestinale. Si nous pouvons réparer la paroi intestinale, le chat ne sera plus intolérant aux protéines animales intactes, l’alimentation naturelle du chat.
Le point important qui semble avoir été oublié est que c’est en fait nourrir d’une alimentation inadaptée à l’espèce qui a conduit à l’augmentation des maladies intestinales inflammatoires chez le chat et à la perte de l’intégrité de la paroi intestinale.

Vous débuterez donc avec uniquement la viande de la nouvelle protéine choisie : lapin ou dinde pour débuter. L’idéal étant de choisir la viande d’un animal dont vous pourrez donner les os charnus et les morceaux les plus maigres (dégraissés et sans peau). Lorsque le transit se stabilise, introduisez les os charnus.  Dans les régimes d’éviction il est conseillé de garder la même protéines pendant 6 semaines au moins. N’hésitez pas à consulter votre praticien régulièrement pour savoir si vous pouvez écourter cette période d’exclusion.
Ajoutez du bouillon d’os ou un complément de L-glucosamine et des probiotiques à destination des carnivores.

En pratique :
Introduire une nouvelle source de viande
Ne pas donner de morceaux gras
Ajouter des probiotiques à destination des carnivores pour restaurer la flore intestinale

 

 

Enfin, cet article ne prétend pas que l’alimentation pourra guérir votre animal. Il a pour but de vous aider à concilier la pathologie dont il souffre et l’alimentation crue. Je vous enjoins vivement à effectuer un suivi strict de votre chien auprès d’un professionnel ayant une opinion positive sur cette alimentation, et  de préférence, ayant une approche holistique de la médecine vétérinaire, c’est à dire une vision globale de l’animal et de sa santé dans laquelle s’inclue l’alimentation.
De même, les conseils et l’accompagnement que nous vous apportons sur notre groupe Facebook, sont toujours basés sur le diagnostic posé par votre praticien et n’interfèrent ni ne remettent en question les traitements médicaux proposés.

 

 

Plus d’infos

L’estomac des carnivores

Gastrites chez les animaux

La diarrhée chronique du chien

MICI chez le chien : différences et similarités avec les humains

 

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Crédit image : fetchingfoods.com

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