Le point sur les croquettes

Le point sur les croquettes

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Avez vous déjà essayé de comprendre ce qui se cachait derrière la composition des croquettes que les industriels souhaitent nous voir acheter à grand renfort de publicité ?

Je l’ai fait comme de plus en plus de « parents » d’animaux de compagnie et cela n’est pas très engageant

Avant de connaitre le raw feeding, voici ce que j’achetais régulièrement :

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Composition :
Céréales (céréales complètes 63 %) : clairement on me vend des croquettes pour des poules !
Viandes et sous-produits animaux (8 % équivalent à 16 % de viandes et de sous-produits animaux réhydratés, avec min 4 % de poulet) Comprenons nous bien : les viandes et sous produits animaux ne sont présents qu’à hauteur de 8% sur l’ensemble du paquet. Et encore là dedans, la viande et les sous produits animaux ne représentent que 16 % dont 4 % minimum de viande de poulet ! Même les poules mangent plus de protéines animales quand elles picorent des vers de terre !
Sous-produits d’origine végétale : Les déchets et résidus de l’agriculture : tourteaux d’oléagineux, enveloppe de céréales, pulpe de betterave
Huiles et graisses
Extraits de protéines végétales : où comment faire baisser le coût du produit
Substances minérales : aucune information
Légumes (0,08 % de légumes en poudre équivalent à 0,5 % de légumes) :  la cerise sur le gâteau. Sur l’ensemble de mon paquet de croquettes il y a 0.08 % de légumes en poudre mais sur ces 0.08 % il n’y a que 0.5 % de légumes. Et le reste alors ? Ben moi j’ai envie de dire ça ou rien c’est pareil.

Avec colorants et antioxygènes : qui permettent aux croquettes de se conserver plusieurs années sans changer d’aspect.

 

Et si on s’intéressait aux sous-produits animaux ?

Définition des sous produits animaux :

Le règlement européen (CE) n°1069/2009 classe les sous-produits animaux en trois catégories sur la base de leur risque potentiel pour la santé humaine et animale et l’environnement.

Les matières de catégorie 3 ne présentent pas de risque sanitaire pour la santé animale ou la santé publique et sont les seules qui peuvent être valorisées en alimentation animale. Elles comprennent notamment des parties d’animaux abattus et jugés propres à la consommation humaine mais que la chaîne alimentaire humaine ne valorise pas, ainsi que les denrées alimentaires d’origine animale non destinées à l’alimentation humaine pour des raisons commerciales (« anciennes denrées alimentaires »).
Seules certaines matières de catégorie 3 peuvent être utilisées dans l’alimentation des animaux, et ce, après application d’un traitement approprié dans des installations de transformation agréées. Par ailleurs, au sein des matières de cette catégorie de nombreux produits sont valorisés après des traitements spécifiques pour des usages divers (cosmétologie, pharmacie, produits manufacturés, artisanaux, voire artistiques, agronomie, énergie). »
Source

Et quand on télécharge le guide et qu’on a la patience de lire jusqu’au bout on tombe sur des perles. Par exemple :

Tout mélange de matières de catégorie 2 et de matières de catégorie 3 doit être considéré comme un ensemble de matières de catégorie 2. Ce principe s’applique à tout lot de sous-produits animaux non tracés individuellement (voir paragraphe II-A-6. du présent guide). Néanmoins, des matières naturellement souillées par du lisier ou du contenu de l’appareil digestif lors de conditions « normales » d’abattage ou de retrait (cuir d’abattoir ou d’équarrissage, pattes et pieds, plumes, sang, tube digestif vidé mais non lavé, dont panse verte, etc..) ne condamnent pas ces sous-produits animaux à être de fait de catégorie 2.
Ainsi, sont de catégorie 3 : les laits, produits laitiers, graisses fondues et huiles de poissons, collagène, gélatine, ovoproduits et certaines anciennes denrées alimentaires (art. 10 f et non art. 10 e) contenant au titre des produits animaux ou d’origine animale uniquement une fraction des matières listées ci-avant, à savoir : biscuits, produits de viennoiseries, pâtisseries, confiseries, pâtes alimentaires, produits laitiers, etc.). Source

Vous trouverez ici la liste et la description des produits autorisés dans l’alimentation industrielle

 

On pourrait alors penser que les croquettes sans céréales sont une meilleure option. Et sans vouloir paraître extrémiste je réponds simplement : NON.
Avec ou sans céréales, les croquettes restent des croquettes. Le processus de fabrication fait intervenir des températures, hautes ou basses, qui dénaturent les protéines et qui éliminent l’eau bien sûr et de nombreux nutriments.
Et sans céréales ne veut pas dire sans sucre. L’amidon contenu dans les croquettes c’est du sucre. Et pour pouvoir faire agglomérer les croquettes il faut de l’amidon. Les lentilles, pois, pois chiches, pommes de terre et les patates douces ont un fort taux de sucre.

Grain-Free & Prescription Dog Food vs "The Cheapest" Dog Food…

Grain-free pet food DOES NOT mean no sugar. Sugar = Starch. Guess which brand has more sugar than others. Watch the video below.

Posted by Dr. Karen Becker on Mittwoch, 24. Mai 2017

 

 

Voici 2 exemples de ce que les « consommateurs » appellent des croquettes de qualités. Ironiquement il me semble que croquettes et qualité mis côte à côte, sont un bel exemple d’oxymore.

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Ingrédients :
Viande d’agneau, farine de viande d’agneau, patates douces, pommes de terre, petits pois, huile de colza, œuf, viande d’agneau rôtie, pulpe de tomates, arôme naturel, sel, chlorure de choline, mélange de tocophérols (conservateur naturel et source de vitamine E), racine de chicorée déshydratée, taurine, tomates, myrtilles, framboises, extrait de yucca schidigera, Enterococcus Faecium déshydraté, Lactobacillus déshydraté acidophilus favorisant la digestion (agent de fermentation), Lactobacillus casei déshydraté (agent de fermentation), Lactobacillus plantarum déshydraté (agent de fermentation), Trichoderma longibrachiatum déshydraté (agent de fermentation), supplément de vitamine E, sulfate de zinc, protéinate de cuivre, sulfate de fer, sulfate de zinc, sulfate de cuivre, iodure de potassium, mononitrate de thiamine (vitamine B1), protéinate de manganèse, oxyde de manganèse, acide ascorbique, supplément de vitamine A, biotine, niacine, pantothénate de calcium, sulfate de manganèse, sélénite de sodium, pyridoxine chlorhydrate (vitamine B6), supplément de vitamine B12, riboflavine (vitamine B2), supplément de vitamine D, acide folique.

Sans céréales certes mais avec amidon grâce à la pomme de terre, aux petits pois et la patate douce. Le fait que la viande soit rôtie est un juste argument commercial, cela n’apporte rien de plus sur le plan nutritionnel.

 

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Composition à base d’ingrédients frais et importés du Canada :
viande fraîche de bœuf Angus (6 %), viande fraîche de sanglier (5 %), viande fraîche d’agneau (5 %), foie de bœuf frais (5 %), viande fraîche de porc (5 %), foie de porc frais (5 %), hareng frais entier (5 %), foie d’agneau frais (5 %), viande de bœuf déshydratée (4 %), viande d’agneau déshydratée (4 %), hareng déshydraté (4 %), saumon déshydraté (4 %), colin déshydraté (4 %), tripes de bœuf fraîches (3 %), viande de bison fraîche (3 %), graisse d’agneau (3 %), œufs frais (3 %), lentilles rouges, pois chiches, petits pois, lentilles vertes, huile de hareng (2 %), fibres de petits pois, ignames, alfalfa, potiron, courge butternut, feuilles d’épinards, carottes, pommes Red delicious, poire Bartlett, canneberges, fucus, racines de réglisse, racines d’angélique, fenouil, soucis, fenouil doux, feuilles de menthe poivrée, camomille, pissenlit, sarriette, romarin.

Si on peut saluer le bel effort de la teneur en viandes, abats et œufs (73%), l’amidon est toujours présent avec les pois et les lentilles. Et tout ce qui était frais a été largement altéré et diminué lors de la cuisson, même si cette marque défend un processus de cuisson à basse température. C’est pour cela que les vitamines et sels minéraux sont rajoutés synthétiquement. On notera que le produit est estampillé BARF. Décidément les industriels ne doutent de rien …

 

 

Enfin, on serait tenté d’argumenter que seule l’alimentation vendue et élaborée pas les vétérinaires convient à nos animaux. En effet, dans l’esprit des propriétaires seul le vétérinaire est le plus compétent pour savoir ce qui a de mieux en matière d’alimentation. D’ailleurs ceci est relayé par des sites :

Ici le site Mouss le chien

Avant de vous présenter les différentes marques de croquettes pour chien que l’on peut retrouver chez un vétérinaire, je tenais à vous parler de l’achat de croquette chez un vétérinaire.
Contrairement aux grandes surfaces, qui vendent des croquettes pour chien commerciales et pas forcément fameuses, les vétérinaires vont généralement vendre des croquettes spécifiques, adaptées à chaque type de chien et particulièrement nutritives.
Il est donc évident qu’une marque de croquette vétérinaire sera forcément le bon choix pour l’alimentation d’un chien. En revanche, ne le cachons pas, l’achat de croquettes pour chien chez son vétérinaire reste assez coûteux.
Un bon conseil ? Faites comme ma maîtresse, identifiez les meilleures marques de croquette vétérinaire, puis achetez-les directement en lot sur internet. Cela vous permettra de faire de grandes économies sur le prix de l’alimentation du chien.
En cas de problème de santé de votre chien, qui nécessite un changement de croquettes, achetez vos premiers paquets de croquette directement chez le vétérinaire. Vous vous servirez ensuite des références pour acheter la même marque sur le web !
En revanche, que tout cela ne vous dispense pas de toujours demander conseil à votre vétérinaire au moment de changer l’alimentation d’un chien. Seul votre vétérinaire sera en effet à même de vous recommander les croquettes les mieux adaptées à votre toutou.

 

Et bien sûr des vétérinaires (extraits choisis d’un article du blog : Vet and the city

 

Extrait n°1 :

On accuse souvent les vétos de faire l’éloge des aliments de gamme vétérinaire uniquement parce qu’ils les vendent eux mêmes. Alors oui, je vends des croquettes et des boites d’alimentation humide pour chiens et chats, oui, j’ai une marge sur l’achat/vente de tels aliments… Mais OUI (aussi) j’estime que c’est ce qu’il y a de mieux. Et mon propre chien est nourri de la sorte …

Extrait n°2 :

Remarque numéro 3 : dans les croquettes de supermarché pour votre toutou : est ce que vous croyez réellement que les croquettes rouges, c’est la viande et les croquettes vertes, les légumes??? C’est tout bonnement et simplement du joli colorant rouge et vert qu’on a ajouté pour vous faire un bon coup de marketing, histoire de vous faire croire que l’aliment est bien complet…
Les croquettes haut de gamme ou celles en vente chez votre véto sont toutes marrons, de la même couleur, simplement parce que c’est la couleur qu’a une croquette d’un aliment complet et équilibré, où tout est mixé, et où il y a un bon ratio entre les glucides, lipides, protéines, minéraux, vitamines, … sans excès de l’un par rapport à l’autre.

M’est avis que si vous lisez cet article c’est que vous vous interrogez sur tous ces arguments. A force de se laisser influencer par les grandes marques de l’alimentation pour animaux de compagnie , certains vétérinaires induisent en erreur les propriétaires crédules et trop confiants. Comment ? En réécrivant la taxonomie et en décrétant que le chien est un omnivore.  Mais en cela rien d’étonnant quand on sait que cette industrie du Petfood est dans les écoles vétérinaires et qu’elle est la référence en terme de nutrition. Elle siège également au conseil d’administration de certaines écoles vétérinaires comme à Toulouse en 2008 ou à Lyon en 2004.

Mais au fait de quoi sont composées ces croquettes « vétérinaires » ?
Ce qui saute d’abord aux yeux c’est la multitude de produits proposés, comme dans les supermarchés : pour petits chiens , pour chiens moyens, pour grands chiens, pour chiens stérilisés, pour chiens stressés, pour chiens avec problème de peau … Et côté chat ce n’est pas mieux, on a des croquettes light, pour réduire la formation de boules de poils, pour peaux sensibles. Et que ce soit pour les chats ou les chiens on a bien sûr les tranches d’âge. Ah marketing quand tu nous tiens …

Allez, je pioche au hasard et je vous joins la composition.

 

Composition
Protéines déshydratées de porc et volailles, riz (min. 7%), pois entier, graisses animales, protéines animales hydrolysées, fécule de pomme de terre (min. 4%), lignocellulose, graine de lin, coque de fèverole, sels minéraux, pulpe de betterave, fructo-oligosaccharides, fibre de psyllium, Lactobacillus acidophilus pasteurisé.

Pour les constituants analytiques vous les trouverez ici

 

Le premier ingrédient n’est pas du porc ou de la volaille, mais de la protéine déshydratée de porc et de volaille.  Le taux d’amidon est important (22 %) et on ne nous dit rien sur le taux de glucides.

 

 

Et pour nos amis les chats dans une autre marque (pour ne pas faire de jaloux)

 

Composition :
Maïs, protéines déshydratées de poulet et de dinde, farine de gluten de maïs, riz de brasserie, cellulose, thon déshydraté (9 %), pulpe de betterave séchée, farine de son de pois, graisses animales, minéraux, hydrolysat, L-carnitine, DL-méthionine, hydrochlorure de L-lysine, taurine, L-tryptophane, vitamines, oligo-éléments et bêta-carotène. Conservé naturellement par un mélange de tocophérols et de l’acide citrique.

Pour les constituants analytiques c’est ici

 

On aura bien vu que les croquettes au thon sont d’abord des croquettes à la volaille et que l’ingrédient principal est le maïs. Pas étonnant que le taux de glucides soit important (40.8 %).
J’attire votre attention également sur les graisses animales pour lesquelles aucune précision n’est apportée.

 

 

Après lecture de ces ingrédients, je ne pense pas voir besoin de vous convaincre plus avant. En lisant une étiquette, gardez toujours à l’esprit que les ingrédients sont notés par ordre d’importance en terme de quantité dans la composition du produit.
Restez donc attentif même lorsque vous achetez des friandises.

Si vous aviez encore des doutes, je vous recommande le documentaire Pet fooled, qui décrit les dérives et abus de l’industrie de l’alimentation animale. Ici le trailer en anglais.

 

 

Découvrez également le reportage diffusé sur France 5 le 8 Octobre 2015

 

 

 

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