Les maladies du foie et le cru

Les maladies du foie
– Insuffisance hépatique aiguë ou chronique : dysfonctionnement du foie
– Fibrose : transformation du tissu hépatique
– Cirrhose : stade terminal et irréversible d’une inflammation chronique

Le foie est un organe vital qui a de nombreux rôles :
– Filtrer les toxines du sang
– Convertir les aliments en protéines
– Secréter la bile qui aide à l’absorption des vitamines et de certaines graisses.

  • Les causes :
    – Indéterminée pour une grande partie des cas d’insuffisance chronique
    – Des infections
    – Des poisons et toxines pour les insuffisances aiguës
    – Des anomalies des vaisseaux
    – Une accumulation de cuivre
  • Les symptômes :
    – Perte d’appétit
    – Apathie
    – Augmentation de la soif et hypersalivation
    – Vomissements et diarrhées avec parfois présence de sang dans les selles
    – Peau et muqueuses jaunes (ictère)

Contrairement aux reins, le foie a une grande capacité de régénération. Ainsi avec les traitements médicaux et une alimentation adaptée, certaines maladies peuvent être réversibles.

 

Les protéines

Dans la mesure où le foie est un filtre qui permet de transformer les protéines, il est courant d’entendre dire que les chiens / chats souffrant d’insuffisance hépatique doivent suivre un régime pauvre en protéines. Or le foie, même malade, aura bien moins de mal a traiter les protéines de la viande crue que celles des aliments transformée. De plus les protéines sont nécessaires au foie pour se régénérer.

Le cuivre et le zinc

Le cuivre joue un rôle dans la formation des os, du tissu conjonctif, du collagène et de la myéline (la gaine protectrice des nerfs). Le cuivre aide également le corps à absorber le fer, ce qui en fait une partie importante de la fonction des globules rouges du sang. Il agit également comme un antioxydant et il est nécessaire pour la formation de la mélanine (pigment qui assombrit la peau et le poil).
Dans certains cas les maladies du foie peuvent être associées à un trouble du métabolisme du cuivre, notamment dans certains maladies génétiques chez certaines races. Dans ces cas là, le cuivre est stocké dans l’organisme car la bile n’est pas secrétée en quantité suffisante. Il faudra donc faire des examens (prise de sang et biopsie) pour déterminer s’il convient ou non de donner des agents chélateurs (qui aident à fixer les ions positifs) pour aider à l’excrétion du cuivre.

Le zinc quant à lui aide à réguler la rétention de cuivre. De plus il peut arriver que dans certains cas, les maladies hépatiques induisent une carence en zinc.

L’ammoniac

L’ammoniac est un composé chimique (formule NH3) présent naturellement dans le corps. Il ne faut pas le confondre avec l’ammoniaque (hydroxyde d’ammonium formule NH4OH) qui est une solution aqueuse de l’ammoniac.
Le rôle du foie est de transformer cet ammoniac (issu de certaines protéines) en urée (*). L’ammoniac est toxique, l’urée ne l’est pas.
Il est courant de croire que ce sont les protéines qui posent problèmes dans les maladies hépatiques mais c’est plutôt l’ammoniac de certaines protéines animales qui en est la cause. D’ailleurs dans certaines pathologies, quand le foie ne parvient pas à excréter l’excès d’ammoniac cela peut être un symptôme de dysplasie hépatique, une anomalie des vaisseaux entraînant des problèmes neurologiques.

Les graisses

La bile est produite par le foie. Elle favorise la digestion des lipides et l’élimination de l’excès de cholestérol et de bilirubine. Or dans certaines insuffisance hépatique, la bile ne suit pas son cheminement classique jusqu’à la vésicule biliaire et s’accumule dans le foie. La bilirubine ainsi stockée est responsable de l’ictère (jaunisse).
De même le foie et la vésicule biliaire traitent les graisses. Comme nous l’avons vu plus haut dans le cas d’insuffisance hépatique, ces 2 organes ne remplissent plus, ou mal, leur fonction. Il faut donc être attentif à l’apport de graisses.

 

L’alimentation

Résumons donc les besoins d’un animal souffrant de maladies hépatiques
– Des protéines de bonne qualité
– Un apport en cuivre et en ammoniac réduit
– Un apport en zinc augmenté
– Un apport en graisses modéré

En pratique
Les morceaux maigres de
– Boeuf
– Poulet (pas la viande brune des cuisses et des ailes)
– Dinde (pas la viande brune des cuisses et des ailes)
– Lapin
– Poissons
– Du foie et coeur de volaille

 

 

 

Enfin, cet article ne prétend pas que l’alimentation pourra guérir votre animal. Il a pour but de vous aider à concilier la pathologie dont il souffre et l’alimentation crue. Je vous enjoins vivement à effectuer un suivi strict de votre chien auprès d’un professionnel ayant une opinion positive sur cette alimentation, et  de préférence, ayant une approche holistique de la médecine vétérinaire, c’est à dire une vision globale de l’animal et de sa santé dans laquelle s’inclue l’alimentation.
Si votre praticien souhaite ajouter des suppléments à l’alimentation de votre animal (Vitamine B, C, K , L-carnitine, arginine …), mentionnez les viandes, poissons et abats que vous lui donnez. De cette façon, le vétérinaire pourra ajuster les posologies et quantités des compléments en connaissance de cause.

Image d’en tête : Source

(*) : Source