Les prédispositions de certaines races canines

Avant toutes choses, je vous enjoins vivement à effectuer un suivi strict de votre chien auprès d’un professionnel, de préférence ayant une opinion positive de l’alimentation crue. Cela vous évitera toute confrontation inutile sur le régime de votre animal.

Ce n’est pas parce qu’une race a des prédispositions à certaines maladies que votre chien en sera forcément affecté, et heureusement pour lui. Il est donc important que vous soyez attentif lors de l’achat ou l’adoption de votre animal à ces particularités et que vous le fassiez dépister à l’aide d’un test ADN.
N’hésitez pas à consulter le guide juridique de la vente et de l’achat du chiot ici

 

La toxicité médicamenteuse

Cette maladie est liée à la mutation du gène MDR1. Dans l’organisme ce gène synthétise une protéine appelée glycoprotéine P, dont le rôle est le transport dans l’organisme de plusieurs molécules. On retrouve ses molécules dans divers médicaments notamment les antibiotiques, les vermifuges et les produits anesthésiants.
Or en mutant, ce gène MDR1 crée un déficit de glycoprotéine P, qui ne peut plus assurer sa fonction. L’organisme ne peut alors plus métaboliser les molécules et les signes de toxicité apparaissent : tremblements, augmentation de la pupille, vomissements, paralysie, coma. Il n’existe à l’heure actuelle aucun antidote mais dès que les signes apparaissent le pronostic vital peut être engagé.

  • Les races concernées :
    Toutes les races s’apparentant au berger et au colley notamment :
    Berger allemand, Berger blanc suisse, Berger australien, Bobtail, Border collie, Colley, Shetland, Silken windhound, Wäller, Whippet à poils long, English shepherd, Longhaired shepherd Mac Nab, Old english sheepdog, Shetland, mais aussi les Lévriers espagnols (galgos, podenco).
  • Les aliments à éviter :
    Cette molécule se trouve dans certains antibiotiques utilisés dans l’agriculture. Ainsi on la retrouve dans les poissons d’élevage (truites arc en ciel et fario, saumon, ombles chevalier et de fontaine, bar, dorade, esturgeon, maigre, turbot pour les cultures françaises, le tilapia ailleurs dans le monde) et l’huile de saumon.
    On préférera donc des poissons sauvages en se référant à la liste présente dans l’article sur les poissons. Vous pouvez d’ores et déjà bannir les truites arc en ciel, les saumons du Pacifique et l’esturgeon
  • Les vermifuges et anti parasitaires :
    En achetant votre vermifuge précisez que votre animal est « MDR1 ». Vous pouvez aussi aussi vous tourner vers des méthodes naturelles en prévention. Voici une liste éditée par le Dr Martinez de la clinique vétérinaire Lingostière, favorable à l’alimentation crue

MDR1 © Dr Nicolas MARTINEZ Vétérinaire_244_fr

 

Les calculs d’acide urique

Ce sont des petits cailloux appelés urolithiases, qui se forment dans l’appareil urinaire. Ils peuvent se former dans l’urètre, l’uretère, les reins et plus fréquemment dans la vessie.

  • Les races concernées
    Le dalmatien et le bouledogue
    Le dalmatien sera sujet aux calculs uriques car son taux d’acide urique est supérieur aux autres races. En effet le métabolisme particulier du dalmatien, et également celui du bouledogue,  ne joue pas son rôle dans le schéma de dégradation et transformation des protéines. Les purines, (molécule d’ADN et ARN présentes sans tous les êtres vivants et dans l’alimentation), sont dégradées en acide urique qui est transformé en allantoïne par l’uricase, un enzyme du foie.
    Or chez le dalmatien, une particularité génétique fait que l’acide urique n’est pas transformé en allantoïne. Chez l’homme ceci conduit à la goutte.

 

 

  • Les aliments à privilégier :
    Il vous suffit d’adapter l’alimentation et de tester régulièrement l’urine de votre animal.
    Vous privilégierez les viandes blanches comme le lapin et la dinde, les viandes rouges comme le mouton, et la panse verte. Côté poisson, vous pouvez donner des filets de poisson blanc. Dans le cas particulier de la purine, elle est présente dans toutes les viandes et les abats. Vous pouvez d’ores et déjà bannir le ris de veau et limiter l’apport en bœuf.
    Concernant les abats, je vous suggère de ne pas en priver votre animal s’il n’a pas déclaré de calculs. Il vous suffira de rester sur les dosages habituels (5 % de foie, 5% d’un autre abat), de privilégier les abats de volaille et de tester quotidiennement l’urine. Si votre dalmatien développe des calculs, rapprochez vous de votre vétérinaire pour adapter son apport en vitamine A via l’huile de foie de morue. N’oubliez pas de sortir régulièrement votre animal pour permettre une vidange fréquente de la vessie et veillez à ce que de l’eau fraîche soit toujours à disposition (une fontaine à eau peut s’avérer très utile).